Comprendre ce qu’est un traumatisme après une agression sexuelle
Un traumatisme, ce n’est pas « dans la tête », ce n’est pas exagéré. C’est une réaction naturelle du corps et du cœur face à l’insupportable. Certaines personnes vont se sentir figées, d’autres vont fuir en elles-mêmes ou se couper de leurs émotions. C’est normal. Les victimes vont se sentir « folles », mais en réalité elles sont « blessées », en état de choc.
Face à un événement qui met la victime en danger un processus de « survie » est enclenché. Il peut aboutir sur la capacité à fuir ou à se défendre pour se sauver. Mais dans le cas où ni l’un ni l’autre n’est possible, alors la victime va se figer.
Chez les mammifères c’est un comportement instinctuel. De même le cerveau va pouvoir occulter l’événement, ou bien encore, dans un processus de « dissociation » la victime va se regarder comme si elle n’était plus dans son corps, elle va même pouvoir se couper de toute douleur !
Cette capacité développée pour la survie est impressionnante. Cependant cela laisse des traces, et c’est tout le travail ensuite avec un thérapeute : suivre les traces… les décrypter.
L’abus sexuel de tout type est tabou encore dans notre société, alors souvent, les victimes se sentent isolées, comme si personne ne pouvait comprendre. Il y a dans les mémoires familiales et dans notre culture comme une malédiction ! La victime est persuadée qu’il est honteux d’avoir été agressée sexuellement ! C’est un phénomène de renversement de la machine : le violeur devrait avoir honte mais c’est la victime qui porte cette culpabilité.
Cela est une ILLUSION, les victimes ne sont pas seules. D’autres ont vécu des choses similaires. Malheureusement l’agression sexuelle est un phénomène courant.
L’abus sexuel, le viol sont trop souvent minimisés, pourtant ce que vous ressentez est légitime, peu importe l’événement. (cf article sur la définition du viol)
Il n’y a pas besoin d’en sortir avec des bleus pour être traumatisé.e. Les bleus sont à l’intérieur. Parfois même quand elles comparent les douleurs qui les accablent, elles trouvent celles de la douleur physique plus « légère » que la douleur psychique. (cf. Ce que Cécile sait)
Entendre ces mots dans la bouche d’un thérapeute, d’un spécialiste qui connaît bien le sujet, ça peut déjà commencer à soulager.
Pourquoi il est important d’oser parler de son agression sexuelle.
Oui, c’est difficile de dire les mots « abus sexuel » et pourtant…
Commencer à parler, c’est reprendre un peu de pouvoir. Et souvent il est nécessaire de se sentir en sécurité pour la prononcer cette première phrase : « J’ai été violé.e. » « Je suis victime d’un abus sexuel ».
Le thérapeute ne juge pas, il écoute avec bienveillance et empathie. Oui, il écoute, simplement.
En tant que spécialiste je suis apte à recevoir ce que tu auras à dire. En toute confiance.
Il n’est pas nécessaire de tout dire, et pas tout d’un coup non plus. Le silence est respecté, et la parole revient quand elle est prête.
En réalité ce qui compte réellement pour guérir ce n’est pas forcément de s’accrocher aux faits, mais surtout de reconnaître et nommer les émotions qui submergent le corps et l’esprit.
Il ne s’agit pas de « déballer » l’histoire. Quand bien même tu te souviendrais de tout. Ce qui compte c’est de réussir à poser des mots sur
Le rôle essentiel de l’écoute et du suivi d’un professionnel thérapeute
Un bon thérapeute, c’est quelqu’un qui accueille la personne comme elle est, sans imposer un chemin tout tracé. Il ou elle avance au rythme du patient, ensemble. Il y a des jours où l’on a envie de rien dire. D’autres où tout remontera d’un coup. Le lien, la présence, c’est ce qui soigne en profondeur.
Les effets invisibles : stress post-traumatique, troubles du sommeil, anxiété…
Les effets du traumatisme sexuel et du traumatisme en général, sont « cachés » derrière des symptômes qui semblent externes à l’événement : troubles du sommeil, maux de têtes fréquents, palpitations, crises d’angoisses…et tout cela de façon chronique ou occasionnelle, chaque personne fonctionne différemment. Le comprendre avec un thérapeute, c’est déjà commencer à apaiser ce qui ronge de l’intérieur.
Se reconstruire à son rythme : il n’y a pas de calendrier pour guérir
Il n’y a pas de délai pour aller mieux. Bien que cela soit difficile il faut comprendre qu’il est nécessaire d’y aller à son rythme et qu’il est préférable de ne pas se comparer. Certains jours, on avance. D’autres, on a l’impression de reculer. Et c’est ok. Le thérapeute est là pour aider à traverser ces vagues, à rester debout même quand tout vacille.
Accepter ce rythme c’est déjà commencer à se reconstruire.
Reprendre le pouvoir sur son corps et son intimité
Notre corps nous appartient en tant qu’être humain à part entière. Après une agression sexuelle la victime a l’impression que son corps est étranger, qu’il lui échappe. Mais il est possible de se reconnecter peu à peu à lui. Avec des pratiques douces, respectueuses. Et si le sujet de la sexualité revient, il peut aussi être abordé avec un thérapeute, dans la sécurité. Il n’y a pas de tabou.
Quand la colère, la culpabilité ou la honte prennent trop de place
Honte, faute… Ce sont des mots qui reviennent souvent dans le discours de la victime d’abus sexuels. Mais elle n’a certainement pas à porter cela !!Bien que ces émotions soient tenaces car elles répondent à un mécanisme de défense du psyché bien ancré depuis l’enfance. C’est pour cela qu’elles s’accrochent. Et là encore, les déposer en séance, les dire à haute voix, peut libérer peu à peu. Avec douceur, avec bienveillance.
S’entourer de personnes bienveillantes : un soutien qui change tout
Il est important de choisir qui vous entoure. De dire non à ceux qui minimisent, qui jugent, ou qui vous font du mal. Ceux qui diraient : « Moi j’aurais fait ceci, j’aurais fait cela… ». Le lien avec un thérapeute peut vous aider à poser ces limites, à reprendre confiance pour choisir les bonnes personnes autour de soi.
Se donner le droit d’aller mieux, un jour après l’autre
Guérir, ce n’est pas oublier. Il n’est pas possible d’effacer le passé. Mais il est possible d’apprendre à vivre avec, à reprendre sa place.
Le droit d’aller mieux. Le droit d’être soutenu.e. Le droit d’être accompagné.e, avec respect, chaleur, et patience.
Et si c’était maintenant, le moment de ne plus rester seul.e ?
Un premier rendez-vous, un premier mot… parfois c’est ça qui change tout.